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 Chroniques de Juan Asensio " Stalker "

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Nadezda
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MessageSujet: Chroniques de Juan Asensio " Stalker "    Dim 12 Fév - 3:53



http://stalker.hautetfort.com/archive/2005/05/28/zoran_music_ou_l_impossible_temoignage.html

28/05/2005

Zoran Music ou l'impossible témoignage





«Sur le moment, j'ai dessiné ce que j'ai vu. Puis j'ai cherché à oublier ce que j'avais vu. Mais, en dessous, ça travaillait.»
Zoran Music (1909-2005) à Jean Clair.

Avec d'autres peintres comme Miklos Bokor, David Olère, Leo Hass, Isaac Celniker ou encore Yehuda Bacon, Zoran Music a tenté, et tenté seulement, de témoigner, par son art et par sa chair survivants (revenus, même, des morts puisque les peintures de Music furent déterrées...), de l'infigurable horreur des camps d'extermination. Je ne sais s'il a échoué. Lui-même semblait le croire d'ailleurs, estimer que son échec était patent puisque, disait-il, il n'avait pu, à l'instar du Goya des célèbres Désastres, rapporter un peu de lumière des ténèbres absolues. Il crut à son échec, il ne chercha pas à la cacher ni même à l'occulter et c'est pour cette même raison qu'il fut grand, comme un Primo Levi ou un Imre Kertész, en littérature, ont également estimé n'avoir rien pu dire qui pût s'approcher de ce qu'ils vécurent, malgré l'écriture implacable de Si c'est un homme ou d'Être sans destin.
Gardant en mémoire ce que Music confiait à Jean Clair, non pas l'intention de témoigner (puisqu'il fallait seulement tenter de survivre) mais celle de montrer l'horreur absolue qui était donnée à voir, passons à présent de la noblesse de l'artiste véritable au tripot du scribouilleur. Ainsi Pierre Assouline, dans un billet inepte dont j'ai honte de citer les quelques premières phrases, truffées de fautes et d'imprécisions grammaticales (certaines corrigées depuis, je cite l'original), écrit, n'a aucune gêne pour écrire cette rinçure abjecte de bêtise : «D'accord, il avait 96 ans. N'empêche, la mort de Zoran Music, peu après celle de Paul Rebeyrolle, ça fait quelque chose. Deux grands et deux rares artistes. Né à la frontière entre l'Italie et la Slovénie, Muzic [sic] était autant l'un que l'autre [!]. La guerre a fait basculer son univers de pastel et de douceur dans une palette aussi rude que celle du Fautrier des Otages. Et pour cause ! Arrêté pour faits de résistance en 1944 à Venise (où il a vécu jusqu'à la fin de ses jours), il fut emmené par la Gestapo en gondole [!]. Direction : Dachau. La centaine de dessins qu'il a réalisé [sic] au camp au risque de sa vie (scènes de pendaisons, fours crématoires, amoncellements de cadavres) est à ranger entre L'espèce humaine et Si c'est un homme car le témoignage est de cette puissance là [sic]».
Mon Dieu ai-je envie d'écrire, mon Dieu !, pauvres morts réduits à une poignée de cendres, pauvres femmes et hommes bafoués, pauvres inconnus qui, après tant d'avanies, doivent encore subir l'injure d'un tel eunuque littéraire qui, ne sachant pas écrire, écrit pourtant sur le dos des morts, contre eux et d'un coup de pied sale, repousse les visages qui se tendent vers toute voix, fût-elle, comme ici, celle de la plus inqualifiable nullité, de l'intelligence la plus veule, de la dignité la plus soupçonnable... Le pauvre Assouline, dans un style qui ferait hurler de jalousie une amibe tant il est d'une absolue platitude, n'est même pas un bon lecteur du Monde qui pourtant héberge, à grand renfort de publicité, son virtuel tripot, quotidien auquel Music donna pourtant un long entretien (à l'occasion de la rétrospective consacrée à ses peintures qui eut lieu au Grand Palais en 1995) où nous pouvions lire ceci : «On m'a demandé parfois si j'avais fait ces dessins pour témoigner. Mais comment aurais-je eu la volonté de témoigner alors que j'ignorais si je serais encore vivant le lendemain ?» Et le peintre de continuer en affirmant que, à son retour à Venise, nul de ses amis ne désirait voir les croquis qu'il avait rapportés de l'enfer nazi...








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Nadezda
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MessageSujet: Re: Chroniques de Juan Asensio " Stalker "    Dim 12 Fév - 3:56

Koldunja



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Sujet: Re: Chroniques de Juan Asensio " Stalker " Dim 29 Jan 2012 - 16:05

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Fascinant...

Cette année au programme du bac de Français, il y a la révolte contre la guerre... en poésie... mais pas seulement... voilà une référence méconnue, qu'on se fera un plaisir de citer.


Koldunja, j'avais mis la chronique de Juan Asensio, dans une mauvaise rubrique, j'ai voulu réparer mais comme je ne sais pas comment on déplace un topic voilà ce que cela donne mais mon webmaster va corriger.



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Nadezda
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MessageSujet: Re: Chroniques de Juan Asensio " Stalker "    Ven 30 Nov - 18:21

28/11/2012
L'Empire du Rien n'a pas perdu son chantre : Pierre-Antoine Rey dit Cormary, cacographe, pornographe, souchien (faux-ami) et camusien transi

«D'ailleurs, que faire dans la vie, sinon jouer ? Calmez-vous, monsieur Match... Que faire dans la vie ? Vous avez l'embarras du choix. Que ne vous mariez-vous ? Vous me dites que les femmes n'aiment que les hommes qui les amusent, qui sont beaux ou qui leur font la cour. C'est vrai... Amusez les femmes! Comment ? Eh bien soyez spirituel, drôle, racontez des histoires... parlez chiffons... homosexualisez vos gestes, votre tenue vestimentaire, vos propos... Renoncez à votre air affamé devant les belles – elles ont horreur de donner à manger aux pauvres et s'effraient si vous vous précipitez sur leurs appâts comme la misère sur le pauvre monde – éteignez le feu de votre regard, soyez toujours disponible, offrez de menus cadeaux. Au-dessus de vos forces ? En ce cas, soyez l'homme d'un métier, travaillez. Prenez un emploi dans les Postes, ouvrez une boutique, vendez des chapeaux, de la crème à raser, des balais, embrassez la carrière des armes, embauchez-vous comme gardien de musée, jongleur, commissaire de bord, moniteur de ski. Ho ! quel étrange regard me jetâtes-vous, monsieur Match ? Douteriez-vous de mon amitié ?»
Jean Cau, La Pitié de Dieu (Gallimard, coll. NRF, 1961), p. 233.

«Vingt ans déjà. Le problème d’Amélie Nothomb est qu’à force de la voir publier un livre tous les ans à la même époque on finit par oublier qu’elle est géniale, que sa littérature est la plus vivante et la plus surprenante du temps, et que contrairement aux critiques qui doivent bien vivre, elle reste jeune comme au premier jour.»
Pierre-Antoine Rey dit Cormary, sur son blog.

«Continue de s'éclater comme un con sur Facebook. Tente de se réformer gastriquement, car il fait de l'hypertension, des tendinites, et n'a pas renoncé à baiser un jour normalement. Couleur préférée : le bleu paon.»
Du même (cf. À propos, sur son blog).

Version très courte et bernanosienne

Les ratés ne vous rateront pas (in Cinq appels aux Français, Le Chemin de la Croix-des Âmes).

«En moi, je renie le désir,
Qui ne fit jamais que pourrir,
Abandonnant les belles en rut,
...M’éjectant de toutes les luttes,
Glaçant n’importe quelle ardeur,
Ennuyant toutes les moiteurs,
Ne se révélant qu’à la main,
Loin du con, des cuisses et des seins.»
Pierre-Antoine Rey dit Cormary, Forceps, poème publié sur Facebook et reproduit sur son blog.


la suite .... http://www.juanasensio.com/archive/2012/11/24/pierre-antoine-rey-cormary-renaud-camus.html#more


Crédits photographiques : Armando Franca (Associated Press)


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MessageSujet: Re: Chroniques de Juan Asensio " Stalker "    Dim 16 Déc - 12:34


«Plus de mots.»

Arthur Rimbaud, Une saison en enfer.


Qu'est-ce qu'il veut, celui qui, «sans espoir d'aucune espèce de compensation», plongé dans le trou bouillant d'Aden, «cratère de volcan éteint» au fond duquel «les peaux ruissellent, les estomacs s'aigrissent et les cervelles se troublent», avoue «qu'on vit et décède tout autrement qu'on ne le voudrait jamais», l'affreuse banalité de la complainte ajoutant sa peau morte d'ennui au pourrissement général déjà passablement avancé ? Qu'est-ce qu'il veut, l'ancien poète qui, se souvenant bien, comme s'il s'agissait d'une bâtarde nostalgie dont il faudrait à tout prix arracher l'herbe mauvaise, éradiquer la fierté et jusqu'au souvenir délictueux, confessait naïvement que jadis sa «vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs», maintenant que, les affaires devenant de plus en plus mesquines, «tellement mesquines» à vrai dire que le temps s’enfle pour Rimbaud comme le songe creux d'une richesse bourgeoise et claquante dans la cervelle du dormeur fiévreux, que veut-il donc à présent que ses yeux, comme deux trous blancs fixant la nuit étoilée de l'Afrique, y découvrent le halo laiteux annonciateur de la déconfiture prochaine et sans appel ? Oui, que veut-il donc, l'impeccable poète qui réussit, à chaque nouvelle lecture de son œuvre fulgurante, le prodige de faire resurgir de nos profondeurs jamais définitivement enfouies l'enfant qui sommeille en chacun de nous ? Cet homme véritablement nietzschéen, sans nostalgie ni regret d’aucune sorte, plus vierge de principes moraux que ne le serait un Ménalque pourtant sevré de nourritures platement terrestres, que veut-il donc, lui, ce poète génial qui fut à peine un enfant lorsque, encore adolescent, sa précocité étonnait ses professeurs et qui, devenu homme et plus qu’homme, poète, redevint cet enfant têtu et hargneux qu'il ne cessa jamais d'être et de faire parader, enfiévré par l'heure du départ qui toujours le trouva dans la disposition à la fois étonnée et joyeuse du jeune homme désireux de quitter le lieu où ses meilleurs souvenirs resteront à jamais enchâssés et pourtant raillés, abolis oserait-on dire ?
Nous sommes en 1885, et Rimbaud, c'est peu dire, ne veut absolument rien, lui qui a tout désiré d'une faim de monstre, qui a dévoré la folie, l'amour, l'âme, la vigueur et l'éclat, l'exploit et la déchéance, le repos ivre et la vision étincelante, évanouie aussitôt que donnée, avec l'insouciance inconcevable de l'ogre que personne ne peut voir ni déranger : du repaire maudit du Minotaure, nul n'approche comme le savait José Bergamín, autre savant, cette fois basque, des enluminures ou illuminations surécrites. Rimbaud ne veut ni ne souhaite rien. Il ne veut désirer rien du tout, et ce désir farouche est déjà une volonté tragique qui raidit ses membres. En tout cas, il ne désire certainement pas ce que nos belles âmes contemporaines veulent à tout prix trouver dans la carcasse de cet homme extraordinaire, allant même jusqu’à remplir de force cette dernière sans que l'on s'en aperçoive, justement pour donner un peu de consistance à cette enveloppe creuse depuis longtemps, maintenant vide, vide et claquante au vent, suprême paradoxe qui s’amuse de notre science.
Car c'est un grand mystère que Rimbaud, sans doute celui qui, plus en avant que Baudelaire, a révélé au monde de nouvelles terres poétiques dont l'exploration commence à peine, qui a partiellement délivré de leurs propres visions Trakl, Char ou Bonnefoy, Larronde ou Claudel, c'est un inconcevable et mesquin mystère, un tour de charlatan que Rimbaud, parlant plus que voyant, et parlant, cela est inouï, jusqu'au dégoût de la parole, n'ait absolument rien à dire, parce qu'il ne veut ni ne désire rien, et que, très probablement, ce qu'il a un jour voulu dire n'évoquant plus rien à ses yeux que des fariboles d'adolescent, des opérations de mage insonore, bref des «rinçures», à présent qu'il trime comme une brute sous le soleil banal, il a choisi de le taire et de ne plus le dire, et même, de ne même plus dire et se lamenter qu'il n'avait plus rien à dire ni qu'il n'avait, très probablement, jamais eu rien à dire.
De sorte que le mystère de Rimbaud, le mystère Rimbaud, comme le disent nos critiques qui se pâment en croyant ouvrir le dernier sceau de l’Apocalypse, n'est sans doute pas autre chose qu'un misérable petit secret peu digne de considération. Nous continuons pourtant de vivre, comme de modernes et décadentes orchidées, fleurs de l'ennui compliquées et rutilantes, nous continuons de prospérer follement sur le lisier de cette prodigieuse affaire qui n'est même pas une histoire mais bien la réalité fausse et le simulacre qu'en se retirant, l'abolition pure et simple de l'histoire invraisemblable de ce qui n’est évidemment qu’un échec, a laissé en maigre partage à celui qui allait devenir le plus grand de nos poètes : une dépouille donc, une défroque bavarde et loquace dont nous guettons, comme s'il s'agissait du dégorgement funeste de l'augure, le plus insignifiant des balbutiements, quelques rutabagas aigres sur lesquels nous plantons nos crocs comme des chacals affamés, quelques vieux os de seiche polis et cassants comme des silex sur lesquels nous polissons sans relâche nos théories déconstructrices.
Quoi donc ? Rimbaud à bout de souffle et de rouleau, ne voulant plus rien, est-ce bien vrai ? Alors Rimbaud, comme un de ces capitaines en rade magnifiquement peints par Stevenson ou Conrad, une de ces épaves chères à Lowry qui, regrettant le temps magique où il se dressait à la proue de son bateau ivre fonçant dans l'azur, conjurerait le sort par une giclée de tripes sur le zinc du mastroquet ? N’allons pas trop vite en besogne tout de même car, oui, il veut encore quelque chose, cet homme affectueusement chaussé de semelles de vent, réellement aussi léger que l'air et inconsistant, mais on trouvera sans doute que c'est peu, et par-dessus le marché bien médiocre pour nos âmes de bruyants agioteurs éprises de grandeur sauvage : l'estime de Pierre Bardey, qui l'exploite et le raille et qu'il quittera après une scène qu'on se plaît à imaginer, dans la chaleur intolérable et dégoulinante dont Céline se servira pour poisser les aventures les plus désolantes de son triste Bardamu, aussi insipidement décolorée que l'autre, la grande, celle qui fut jouée avec son amant dix ans plus tôt, et qui fut, elle, inévitablement animée, théâtrale, guignolesque, poétique, en somme tout aussi ridicule, scène outrancière qui vit Rimbaud monnayant peut-être, allant même jusqu'à monnayer et marchander le paquet inestimable contenant le manuscrit des Illuminations, comme s'il s'agissait d'une vieille peau dont il faudrait à tout prix se débarrasser, voilà ce qu'il veut, rien d'autre que la considération dont jouit Monsieur Prudhomme ayant fait fortune au bled. J’entends sans mal la déploration de nos vierges universitaires : «Mais que peut bien être, ô dieux ironiques !, l'estime rendue par Pierre Bardey au plus grand de nos poètes ?» Que peut-elle bien être et représenter en effet ? Mais voyons, la consécration des efforts de Rimbaud, cette estime n’étant pas moins espérée que celle que chacun nous attendons de notre patron, que nous quêtons avec mille délices et courbettes de notre volonté, après tout beaucoup plus souple que l'échine du roseau, cela est tout simplement inappréciable !
Peu importe d'ailleurs, car bientôt, estime marchande ou pas, l'appel des armes va sonner pour ce missionnaire sans Dieu comme elle sonnera, d’une façon plus sérieuse sans doute, pour Psichari, qui se fera fort de ne pas oublier dans son barda le sextant racoleur qu'utilisent tous les convertis – dont la particularité est qu'il pointe sur l'astre de leur nombril, nadir de vanité plus que zénith d'humilité, ainsi que Claudel nous l'enseigne. Mais Rimbaud lui, pitoyable vivandier, le plus grand des poètes français c'est certain, et justement parce qu'il est le plus grand, ne paraphe rien d'autre qu'un contrat juteux – tout du moins, il le croit tel, mais bien sûr l'avenir l'enseignera cruellement – avec Pierre Labatut, pour l'expédition au Choa et la vente d'armes au roi Ménélik, ennemi de l'empereur Jean, lui-même ami des Anglais, ennemis légendaires, tout le monde sait cela, des Français. Rien, décidément, vraiment rien de bas et d'abject, rien d'une bassesse commerçante et rampante, aucune platitude fiduciaire, aucune veulerie ni gabegie vermineuse, aucune sifflante âpreté au gain (tout comme ces clichés touristiques pour lesquels la vie du poète sera polychromée et platement saucissonnée), aucune avarice chafouine ne sera donc épargnée à celui qui caressa jadis l'espoir fou de se faire voyant – et y réussit sans doute, mais la poésie n'est pas affaire de réussite, car les cartes en sont cornées –, aucune imbécillité pateline à celui qui, inventant avant Paul Celan une langue au nord du futur, convertissant un autre Paul sur son chemin de Damas tout défoncé de nids-de-poule esthétiques, désossait pour s'en échapper la vieille Europe aux parapets rognés, sa fringale maudite préfigurant et comme appelant d'autres chiens au festin, qui parviendront bien, eux, à dévorer les derniers lambeaux et peler jusqu'à leur pulpe blanche les os fatigués du colossal squelette, vraiment rien, ni la platitude, ni l'ennui, ni l'intérêt, ni le désintérêt, ni le dégoût, pas même la certitude d'avoir échoué, cette rôtissure plus accablante que le feu de soleils blancs, cuisant et recuisant l'échec, pas même cela, ce vieux renvoi du minable Kurtz, frère creux de Rimbaud, comme un hoquet de stupéfaction résignée devant la faillite de leur entreprise, leur ardeur invincible à s'enfoncer désormais dans la déroute.

La version complète de ce texte a été publiée dans La Littérature à contre-nuit (Sulliver, 2007).




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MessageSujet: Re: Chroniques de Juan Asensio " Stalker "    Ven 22 Fév - 17:19


Crédits photographiques : Micah Albert (Redux Images).




Éditions du Sang des Pauvres disponibles sur le site de PriceMinister.

«Le Sang du Pauvre est peut-être ce que j'ai fait de plus important. En tout cas, c'est un livre d'une exceptionnelle générosité, en ce temps de bassesse et de lâcheté à tous les étages. C'est aussi le livre d'un écrivain désormais incontestable. Dans la pénurie effrayante et tout à fait inouïe de l'intellectualité contemporaine, alors que l'Académie en enfance est réduite à inaugurer des cabotins, une attention singulière commence à se fixer sur moi. Il se dit déjà, même chez mes ennemis qui en écument, que je suis le seul. Il n'est donc pas déraisonnable ni téméraire d'espérer le retentissement d'un tel livre signé de mon nom et lancé par un éditeur puissant... Nulle personnalité choquante. Je parle au-dessus de l'actualité. C'est un Miserere chrétien où j'ai voulu ramasser la douleur universelle.»
Léon Bloy, Le Vieux de la montagne 1907-1910, Journal de Léon Bloy, t. 3, Mercure de France, 1963, pp. 89-90, l'auteur souligne).

Le Sang du Pauvre est, dans sa concision même, l'un des plus beaux textes de Léon Bloy, qui écrit à son sujet, le 5 février 1909 : «Ce livre que je porte depuis des années, sort de moi, comme un flot de mon propre sang, si on me perçait le cœur. C'est nouveau, inouï dans toute ma vie d'écrivains. Les deux ou trois auditeurs choisis qui en connaissent les premiers chapitres, s'étonnent, persuadés que j'accomplis l'œuvre qui me dépasse» (in Le Vieux de la montagne 1907-1910, op. cit., pp. 88-9). Ce livre, avec Le Salut par les Juifs aurait été apprécié, dit-on, par Franz Kafka lui-même peut-être parce que, justement, Léon Bloy y manifestait plus que dans tout autre livre sa hauteur de vue et son invincible solitude, alors que le cochon Zola bâfrait avec les échotiers et, selon Bloy, devenait, de livre en livre, millionnaire : «Il y a plus : le Juif Franz Kafka s'est réclamé de Bloy. Il aimait le Salut par les Juifs et le Sang du Pauvre. Il a dit à son ami Janouch : «Bloy sait vitupérer de façon tout à fait extraordinaire... Bloy est animé d'un feu qui rappelle l'ardeur des prophètes. Que dis-je ! Il vitupère mieux qu'eux : et cela s'explique : son feu se nourrit de tout le fumier de notre temps» (cité par Georges Cattaui, in Léon Bloy, Lettre-Préface de J. Maritain et Avant-propos de


La suite .....
http://www.juanasensio.com/archive/2013/02/20/le-sang-du-pauvre-de-leon-bloy.html#more

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MessageSujet: Re: Chroniques de Juan Asensio " Stalker "    Mer 27 Fév - 12:35


22/12/2011
La littérature n'est plus ad-verbe de Dieu



Crédits photographiques : Nicholas Wiesnet (People National Geographic Photo Contest).

«Il est bon pour vous que je vous quitte.»
Jean, 16, 7.

On raconte que, peu avant que le christianisme ne triomphe, une voix immense et mystérieuse se fit entendre sur les bords de la mer Égée, qui clamait «Le grand Pan est mort.» Aujourd'hui, plus aucune voix ne célèbre la mort de Dieu. Car Dieu est mort. Sa «main puissante» (Exode, 6, 1) est coupée, desséchée, voici un truisme qu'il est bon de rappeler, un lieu commun revivifiant qu'il n'est pas inutile d'asséner, et plutôt deux fois qu'une : à la mort hideuse clamée par le plus laid des hommes nietzschéen, mort qui avait quelque tragique beauté («Quand on ne trouve plus la grandeur en Dieu, on ne la trouve plus nulle part; il faut la nier ou la créer», Volonté de Puissance, § 422), a succédé la lente décomposition du cadavre immense, dont l'odeur toutefois, si elle n'empêchait absolument pas les libertins de tout poil de célébrer leurs irrévérencieuses bambochades, incommodait, et parfois jusqu'à la nausée, les délicates narines des Laclos licencieux et crânes, faisait venir des couleurs sur les joues hâves des petits Sade invertébrés et timides, tandis qu'un frisson de sainte terreur courait sur l'échine du curé Meslier lorsqu'il célébrait ses messes tartufes. C'est que – il n'y a rien à faire contre ce signe de notre humanité surnaturelle –, qui veut faire la bête fait l'ange : les prières de Gilles de Rais montent peut-être plus vite au Ciel que celles de saint Ignace de Loyola.
Notre époque, elle, aura célébré, non pas le meurtre ou l'enterrement, le crime ou les funérailles grandiloquents, mais l'oubli... et absolument rien d'autre. Ainsi, il faut à l'évidence remplacer l'expression «mort de Dieu», encore trop riche d'espérances qui pourraient lever, on ne sait jamais, sur le terreau putride de la charogne comme une graine minuscule de sénevé, par celle d'oubli de Dieu, qui ne postule même pas une indifférence philosophique ou spirituelle mais une sincère et très sereine radiation du Témoin encombrant, une occultation spontanée – comme on parlait jadis de génération spontanée – qui ne cherche aucune justification, aucune légitimité, aucune conscience malheureuse, qui ne s'émeut pas de la perte colossale, qui ne propose aucun remplaçant – comme, par exemple, cette morale a-morale de bluette kantienne portée à bout de bras et de pensée par un Comte-Sponville ou l'encyclopédisme vénal d'un Ferry. Le Dieu tout-puissant d'Abraham, El Shaddaï, est plus que jamais le Dieu du désert illimité de notre angoisse et El Roï, le Dieu de Vision d'Agar, une paupière d'indigence sur un organe mort, qui sans doute était depuis longtemps fermée alors que les victimes juives de la Shoah imploraient «du fond de l'abîme» (Psaume 129, 1) leur Dieu non pas caché comme le prétend Isaïe, pas même en retrait de la Création, selon la doctrine cabalistique du Tsimtsoûm, mais simplement mort.
Il n'y a plus rien, cela est certain, pas même un cadavre et l'odeur infâme, qui après tout signale encore la vie bien que décomposée, a elle aussi disparu miraculeusement, déjouant les pronostics les plus pessimistes des équarrisseurs de l'Infâme, des égoutiers de la boue divine. Il faut ajouter, certes, pour faire bonne figure auprès des moutons de la liberté d'opinion, qu'on a la plus grande répugnance, au nom du très laïc dogme fraternitatif, à enfermer la poignée maigre de bizarres hantant les catacombes, comme leurs premiers ancêtres, qui osent se souvenir des temps d'avant la longue déliquescence. Dans ses Caractères, La Bruyère écrivait ces mots qui aujourd'hui font sourire : «Je voudrais voir un homme, sobre, modéré, chaste, équilibré, prononcer qu'il n'y a point de Dieu; il parlerait du moins sans intérêt, mais cet homme ne se trouve pas.» L'athéisme sous toutes ses formes, des plus insignifiantes aux plus belles, a donc, à son tour, disparu, et le fantôme survivant au cadavre n'aura pas même fait frémir, sur son passage très discret d'âme en disgrâce, la moustache donquichottesque de tel conférencier docteur ès nécrologies. L'athéisme princier d'un Camus, par exemple, qui n'avait pas peur d'écrire cette espèce de prière tortueuse qu’est La Chute, n'est plus qu'un souvenir de légende, faisant place nette pour recevoir les janissaires du vide, les thuriféraires du Neutre. L'enfant du siècle de Musset, qui confessait le cri splendide de l'indifférence encore trouble et angoissée de ce qu'elle avait tué – «De même que ce soldat à qui l'on demanda jadis : À quoi crois-tu ? et qui le premier répondit : À moi; ainsi la jeunesse de France, entendant cette question, répondit la première : À rien.» –, a été prié de déguerpir, tandis que son suppléant moderne et agnostique, qui se fiche très sûrement d'avoir d'aussi insignes parrains, est un clone étonnant, moitié intelligence hypertrophiée qui s'exerce à vide comme celle de monsieur Teste et moitié désespoir pitoyable de ces martyrs de l'ennui peints par Green dans ses Épaves, monade ouverte comme un œil gigantesque et aveugle sur l'illimité du Chaos, que Milton dans son Paradis perdu plaçait immédiatement à côté de l'Enfer...
Et pourtant... Et pourtant, l'homme, qui par la plus formidable des disgrâces possède une âme, laquelle, une fois vidée, demeure comme un ver dans un beau fruit, reste ferment d'inquiétude, l'homme hagard et imbécile cherche vainement ce qui lui manque, le dos tourné aux Idoles splendides qu'il a pourtant lui-même édifiées – ses briques en sont le sang et la poussière d'homme – et vénérées un temps : le Progrès, la Science, l'Argent, la Fraternité, la République, la Femme, l'Homme, la Voiture, que sais-je encore ? Il porte, comme on disait jadis avec quelque panache, sa main en visière et sonde, l’œil malade injecté de rouge par l'effort plusieurs fois séculaire, les plaines vastes de l'avenir, d'où viendront sûrement, il en a la conviction inébranlable – elle le tourmente à vide – nichée comme une bête mauvaise au fond de ses tripes, la grande armée, celle des Cosaques, d'Attila le fléau, ou de Dan qui n'est autre que l'armée du dernier des combats. L’œil cherche, mais vainement, et le puissant muscle visionnaire de quelques fous splendides, qui a deviné très parfaitement les premiers coups de pinceau de la toile prodigieuse, l'organe perforant comme une balle de lumière d'un Nietzsche, d'un Baudelaire, d'un Bloy ou d'un Bernanos, qui probablement a ensemencé le champ stérile de quelque graine ridicule par sa petitesse d'espérance, celui-là aussi n'a rien vu, parce que, dans un moment, va retomber à jamais la paupière gonflée, parce que, depuis longtemps déjà (mais qui s'en est aperçu, sinon, ô ironie !, ceux qui chantaient le mieux), la bouche s'est fermée, qui tentait de dire ce que l’œil voyait inépuisablement. La littérature qui n'est rien d'autre que cet Œil ouvert depuis le commencement – «Œil d'or de l'origine, patience obscure de la fin», a écrit Georg Trakl –, et cette bouche aussi, laquelle n'est plus rien d'autre, à présent, que le trou de noirceur du terrible condamné à veiller qu'est Macbeth, la Littérature va mourir, elle est morte même, nous disent les médecins légistes penchés sur la dépouille. Deux cadavres, donc et quelques médecins légistes qui dansent la pesante sarabande universitaire ou la farandole journalistique.
Allez ! Elle aura tout de même eu, la chienne ingrate, vagabonde comme une putain sur les terres sans miséricorde de Babylone, une belle carrière, et les fées elles-mêmes, minaudières et criardes sauvageonnes qui se penchèrent un jour sur le berceau de la toute nouvelle-née, assurément n'auraient pu mieux la destiner – ou la condamner, c'est selon. Naissance dorée, certainement. Car il est faux bien sûr, il est idiot de dire que la littérature est sortie d'un ventre profane. C'est le contraire exactement, et la jeune vagissante est encore toute ruisselante d'un sang sacré, plus précieux que celui de mille vestales. Mais le sacré (sacer), qui dit à la fois le bénéfique et son contraire, le maléfique, ne permettra, dans le cas le plus favorablement insigne, que l'émergence magnifique certes, du mythe, du symbole. S'il ne permet que cela, c'est déjà un grand motif de reconnaissance que nous devons avoir à l'égard du sacré. L'un et l'autre, mythe et symbole, outils hermétiques et herméneutiques du sacré, très vite, hélas !, perdront leur essentiel pouvoir d'émerveillement, une fois que l'homme aura aboli jusqu'au souvenir de sa présence au monde, à la nature, en somme, dès qu'il s'est réfugié peureusement dans l'enceinte d'irréalité civilisatrice, scientifique, économique, culturelle, bref, dans le simulacre de vie publicitaire, bavarde, indifférente et jouisseuse auquel il donne le nom bourgeois de meilleur des mondes. Avec la déchéance de l'homme, le sacré s'amenuise, s'étiole. Disparaît-il tout à fait ?
J'en doute, car son insigne condamnation est de demeurer, perverti et méconnaissable, affublé des masques grotesques de la mélancolie contemporaine. Il faut alors, à tout prix, redonner usage au cours démonétisé de la parole symbolique et mythique, et, pour cela, écarter l'entreprise de Sisyphe eunuque menée jusqu'au seuil de l'aphasique Grand Livre par un Mallarmé, certes courageux. Au contraire c'est, comme toujours depuis l'aube du monde, non pas à la parole (qui de toute façon, sortira grandie de l'éclipse temporaire) mais au sang que va être demandée la nécessaire purification, et le sceau apocalyptique apposé sur l'impatience avide de l'homme abouchée comme une lamproie sur la source antique des paroles taries. Et quel sang ! Le Sang... Celui qui fut sué comme une buée d'angoisse, celui qui inonda les soldats romains au pied de la croix, celui qui parapha le vélin du suaire de Turin, le Sang qui fut versé en offrande aux apôtres et à tous les hommes qui étaient nés, qui étaient morts, à tous ceux qui allaient naître, puis mourir, sans rien savoir, ou presque, de l'événement salvateur, de ce sang versé sur tous comme une lumière et un don de prophétie. Non plus le sang de l'infâme taurobole, non plus celui, infâme plus encore, de l'enfant ou de la vierge égorgés, mais celui de l'Innocent, mais celui de l'Innocence faite chair et esprit.
Il fallait le Christ, il fallait sa mort ignominieuse pour redonner vie au langage usé des symboles, autrefois compris par les hommes mais qui se rabougrissait dangereusement à présent, comme une âme d'idiot privée de sa sève, l'amour de quelqu'un qui puisse comprendre son bégaiement de fou. Il fallait du sang pour que renaisse la parole, pour que naisse véritablement la Parole, non plus pressentie comme jadis par quelque sibylle éructante, quelque écumante pythie barbare plantée sur son trébuchet de possession voluptueuse mais incarnée pleinement, mais vivante pleinement, mais souffrante pleinement, mais vibrante désormais. Avant la Croix, la littérature ou ce qu'il nous plaît d'appeler ainsi, les textes magnifiques de Sumer, est le palais somptueux, cependant vide et sonore (dans lequel meurt Virgile selon Broch) où des figures étranges et incompréhensibles tracent leur curieuse fresque, en attente patiente d'un Champollion futur. Après la Croix, elle est, qu'elle le veuille ou pas, la bouche du pauvre qui ressasse les paroles obscures du grand drame, du seul drame, du drame unique et nourricier de tout, de la prière et du blasphème. Elle épelle les lettres – hélas encore !, ce n'est plus une main divine qui trace au stylet de feu sur le mur du palais de Nabuchodonosor, les mots inconnus dans lesquels le prophète Daniel lit la vérité, c'est sa propre main, la main tremblante de la littérature, la main pelée et trouée de l'écrivain – qu'elle a cru deviner dans un éblouissement de lumière et de consolante chaleur, les seules, ces lettres, plus mystérieuses que celles de l'alphabet magique d'Hermès Trismégiste, qui desserreraient peut-être le verrou formidable du Chérubin gardien d'un certain jardin dont on ne peut oublier la splendeur, dont le regret vicie le cœur des pourritures les plus altières, dont la nostalgie frappe de terreur la main fière du bourreau.
La littérature n'est rien d'autre qu'une Croix immense où l'humanité cloue sa douleur depuis d'innombrables siècles. La littérature n'est rien d'autre qu'un suaire désespérément blanc où l'Agonie de l'Homme écrit sa geste de douleur inépuisable. Elle est l'épilogue de la Passion, condamnée, maintenant, depuis que l'homme «ad-verbe» de Dieu selon Maître Eckhart est devenu l'homme «sans-Verbe», depuis que l'homme «unidimensionnel» a perdu toute dimension, depuis que l'homme sans Dieu n'est plus que l'homme sans l'homme, à bégayer les syllabes de l'idiotie.
Dans le péril croît ce qui sauve ? Alors c’est l’honneur et le fardeau immenses qui sont les nôtres puisque nous devons désormais écrire la geste de l'homme cloué sur le désespoir d'une Croix vide, alors que l'égorgeuse impitoyable, sainte Alia du Couteau, achève les blessés et les mourants qui d'elle n'obtiendront nulle pitié.
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